Articles avec le tag ‘créationnisme’

LA BIBLE ET LA THEORIE DE L’EVOLUTION : commentaires sur une conférence d’André Eggen

LA BIBLE ET LA THEORIE DE L’EVOLUTION

 

2 points de vue

 

Le 13 octobre dernier, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence d’André EGGEN sur le thème : « Bible et science au 21eme siècle«   – avec comme sous-titre : « face à la science, la bible a-t-elle encore une place, une influence dans la société d’aujourd’hui ? ».

J’avais hâte d’écouter cet orateur, non pas à cause de ses différentes altercations avec la presse nationale (je vous laisse faire ces recherches sur votre moteur favoris) mais par le fait qu’un biologiste de ce niveau (certes chrétien) puisse afficher sans encombre des convictions créationnistes les plus strictes, à savoir : maintenir un mur infranchissable entre les espèces et soutenir l’idée d’une terre jeune (<10 000 ans).

 

L’argumentation d’un scientifique spécialiste en génétique face aux évidences de la théorie de l’évolution, m’interpellait sincèrement.

J’étais donc partagé entre un sentiment de fascination mais à vrai dire également de prudence tant toutes mes lectures et échanges émanant de « la pensée créationniste » m’avaient plutôt déçu par leurs  arguments scientifiques non convaincants mais surtout par leurs préconçus théologiques évidents.

 

J’ai énormément apprécié André par son attitude posée, sa capacité à répondre aux avis contraires sans esprit de polémique.

Mais j’avoue avoir été frustré par sa démonstration, et c’est en toute amitié que je voudrais montrer ici pourquoi.

Je vais tenter de retranscrire les idées principales de la présentation sur la base de mes notes. Je pense ne pas avoir trop déformé les propos du conférencier.

Il est bien entendu qu’André Eggen dispose d’un droit de réponse ou de correction que nous pourrons publier dans ces colonnes s’il ne désire pas intervenir directement dans les commentaires.

 

Il nous parait important de montrer que le monde chrétien et en particulier évangélique n’est pas dans l’obligation d’opposer ses convictions religieuses à la science contemporaine.

Je vous propose donc de comparer par une mise en parallèle, le schéma de pensée présenté par André Eggen fidèle au modèle « créationniste », à celui que nous défendons ici et sur le site scienceetfoi.com et que nous pourrions qualifier de « science et foi en harmonie » .

Nous avons collaboré avec Benoit à la rédaction de cette réponse, vous trouverez des liens permettant à chacun de creuser ces questions qui dépassent le cadre d’une simple conférence ou d’un seul article. Nous voudrions souligner que si nous prenons la liberté de citer également en référence des sites rationalistes sans aucune étiquette religieuse, c’est bien parce qu’ils adressent des questions purement scientifiques et jouissent d’une bonne presse sur les thèmes qu’ils traitent, il ne s’agit en rien d’une provocation envers les propos ou l’approche développés par l’orateur.

Il est bien entendu que nous ne nous associons pas aux conclusions matérialistes qui peuvent malheureusement encore  être trop fréquentes de la part de certains de ces média, faisant ainsi de la science un médiateur malhonnête pour servir leurs propres convictions antimétaphysiques, notre responsabilité est cependant de savoir juger du résultat qui découle d’une véritable démarche scientifique sans être tenté de jeter le bébé avec l’eau du bain.

 

Merci de garder en arrière plan que le but de cet article n’est pas d’alimenter la polémique ou de s’opposer à tout prix et par principe à un courant de pensée pour lui en supplanter un autre; l’objectif s’oriente plutôt à montrer que la vision présentée lors de cette conférence d’André Eggen n’est pas la seule possible, ni pour le croyant, ni pour le non-croyant. Le choix de la science ne se fait pas au détriment de celui de la foi et vice versa.

Cliquez ici pour lire la suite de l’article >

Discussion à propos de « De la génétique à Dieu » de Francis Collins, par Marc Fiquet – Partie 3b

Suite de la Partie 3a

Voilà un petit moment que nous avions refermé le livre de Francis Collins, cet éminent scientifique chrétien, Directeur du programme pour le décodage du génome humain et qui nous instruit sur les moyens de vivre la foi et la science en harmonie. Il est temps d’en reprendre la lecture…

 

 Résumé – 3b/4 PARTIE III : La foi en la science, la foi en Dieu

Après l’introduction résumée dans l’article précédent qui montre comment la lecture littérale des premiers chapitres de la Genèse nous écarte d’une vue compatible entre bible et science comme Galilée en fit jadis les désormais célèbres frais, l’auteur désire explorer les différentes voies qui s’offrent à nous dans le cadre de cette réflexion.

Qu’il s’agisse de foi ou de science, il appartient à chacun de trouver la position qu’il juge(ra) la meilleure concernant la question cruciale portant sur le sens de la vie.

Quatre options sont proposées au lecteur, dont voici les 3 premières :

 Option 1 : Athéisme et agnosticisme

(Lorsque la science fait mieux que la foi)

L’Atheisme s’avère parfois violent dans ses revendications comme le démontre par exemple l’anecdote du procès intenté à la NASA en 1968 par une athée militante, au prétexte que les astronautes en orbite autour de la terre exprimèrent leur subjugation en citant un verset de la Bible.

La lutte entre d’un côté, les extrémistes religieux et de l’autre des scientifiques athées engagés, ne fait qu’accroitre les tensions entre ces 2 mondes.

Pour ajouter au trouble, certaines conclusions fallacieuses sont proclamées avec vigueur par des chefs de file tels que Dawkins ou Dennett qui affirment à qui veut l’entendre « que l’acceptation de l’évolution en biologie exige l’acceptation de l’athéisme en théologie« .

Tout portant à montrer que la quête universelle de Dieu est impérieuse, comment expliquer que certains manifestent une telle confiance aux thèses athées ? L’auteur propose alors un parcours historique pour tenter de répondre à la question qui démarre au XVIIIe siècle avec l’avènement des lumières et la montée du matérialisme.

Il souligne combien la théorie de l’évolution joua un rôle important pour prétexter un combat vindicatif contre la foi.

Alister Mc Graph, biologiste moléculaire et théologien consacrera d’ailleurs un ouvrage (Le DIeu de Dawkins, les gènes, les mèmes et le sens de la vie) pour montrer l’illogisme patent des démonstrations de Dawkins. L’auteur nous en partage alors la teneur (que je ne détaillerai pas dans ce résumé).

Nous constatons par ailleurs que la vision de Dawkins ne fait pas l’unanimité dans le milieu. Le célèbre Jay Gould, un des plus grands vulgarisateurs de la théorie de l’évolution invite ses collègues au sens de la mesure : « La science ne peut procéder qu’à partir d’explications naturalistes; elle ne peut ni confirmer, ni infirmer d’autres genres d’acteurs (tels que Dieu) se trouvant dans d’autre domaines (le domaine de la morale par exemple). »

 Et Collins de conclure : « Ainsi toute personne se réclamant de l’école athée doit-elle pour défendre cette position, trouver une autre assise. L’évolution elle ne le permet pas. »

 L’agnosticisme, pour sa part affirme que l’existence de Dieu ne saurait être accessible. On peut distinguer l’agnosticisme fort qui proclame une impossibilité absolue pour l’homme d’accéder à la connaissance de l’existence de Dieu, du faible qui pense cette méconnaissance temporaire ou comme un état de réflexion personnelle qui ne trouve pas de conviction ou de réponse satisfaisante au « problème » de Dieu.

Cette position peut parfois s’apparenter à une échappatoire, car « pour pouvoir se réclamer de l’agnosticisme, on devrait préalablement procéder à un examen complet de tous les éléments de preuve, aussi bien favorables que défavorables, relatifs à l’existence de Dieu.[…] Admirerions-nous une personne affirmant que l’âge de l’univers n’est pas connaissable alors qu’elle n’aurait pas pris le temps  de considérer tous les éléments de preuves lui étant relatifs ? »

 Option 2 : Le créationnisme

(Lorsque la foi fait mieux que la science)

Le généticien croyant, regrette tout d’abord que ce mot renferme désormais une idéologie étriquée alors que tout théiste devrait s’y reconnaitre.

Il poursuit en évoquant le mouvement le plus strict du créationnisme dit « Créationnisme de la jeune terre » qui interprète les 6 jours de la création de la Genèse comme 6 jours de 24 heures et spécule que la terre aurait moins de 10 000 ans.

Si un principe de microévolution au sein des espèces reste acceptable, les partisans de ces thèses – dont une des grandes figures reste Henry Morris fondateur de l’institut de recherche sur la Création aux Etats-Unis – cristallisent leurs explications du monde fossile en particulier autour d’un seul évènement catastrophique : le déluge universel.

Cette manière de penser la création est très rependue dans le milieux évangéliques même si elle se heurte à de nombreuses aberrations scientifiques. L’auteur souligne alors certains subterfuges utilisés pour défendre ces thèses : (fausses informations sur les chaînons manquants,  erreur de compréhension de la deuxième loi  de la thermodynamique, remise en cause des principes de datation, cohabitation de l’homme avec les dinosaures, ignorance des preuves de l »évolution dans les traces de l’ADN non codant).

Ainsi le créationnisme rentre en conflit ouvert avec les découvertes de la science moderne et tend à vouloir imposer son point de vue théologique sur des questions scientifiques.

L’incompatibilité est telle que l’acceptation de ces déclarations « conduirait à un effondrement complet et irréversible de la physique, de la chimie, de la cosmologie, de la géologie et de la biologie ».

L’auteur reconnait « le sérieux de la foi » des croyants désireux de protéger la Bible,  pourtant « les interprétations ultralittérales de la Genèse ne sont pas nécessaires« . Car de nombreuses lectures allégoriques de la Genèse ont été faites par l’église au cours des siècles précédents bien avant l’avènement de la théorie darwinienne.

Pour Saint Augustin par exemple « Les premiers chapitres de la Genèse ressemblaient davantage à un texte empli de moralité qu’à un récit de témoin oculaire portant sur les nouvelles du soir« .

Une question de responsabilité se pose avec l’approche créationniste conflictuelle : « Dieu est-il honoré ou déshonoré par ceux qui souhaiteraient que son peuple ignore les conclusions scientifiques rigoureuses relatives à Sa création ? La foi en un Dieu d’amour peut-elle être échafaudée sur un tissu de mensonges énoncés à propos de la nature ? »

Car il se pose un cas de conscience important pour qui ayant connaissance des faits scientifiques modernes s’entêterait à vouloir démontrer la réalité d’un univers récent.

Ainsi pour expliquer les étoiles situés à des années lumière et dont la lumière nous parvient déjà, il faut user d’explication telle qu’un Dieu ayant propulsé les photons jusqu’à la terre en un instant. dans le même état d’esprit, la désintégration radioactive aurait été truquée par Dieu pour mettre l’homme à l’épreuve de sa foi (choisir entre les apparences du visible et la vérité scientifique de la bible !) l’apparence d’un génome ayant évolué sur des millions d’années serait également créé ainsi par Dieu pour mettre à l’épreuve les humains !…

Cette description d’un Dieu falsificateur est-il à l’image du Dieu de la Bible ?

Ainsi le Créationnisme de la terre jeune, ne pose pas seulement des problèmes de compatibilité avec la science moderne mais également de sérieux problèmes théologiques.

Quels dégâts va causer un tel enseignement auprès des enfants enseignés de la sorte n’ayant pas d’autre de choix que de rejeter la science au profit de la foi ou la foi au profit de la science ?

Francis Collins en appelle alors à la raison :

Se réclamant des mêmes mouvements religieux (évangéliques) il plaide pour une remise en cause du fondement erroné sur lesquelles s’appuient néanmoins de vraies questions : comment défendre l’amour de Dieu pour le monde qu’il a créé lui-même ?

 Option 3 : l’Intelligent Design

(Lorsque la science requiert une assistance divine)

L’auteur commence par rappeler l’effervescence médiatique suscitée par le procès de Dover en 2005 aux Etats-Unis où les protagonistes de cette théorie tentèrent de l’imposer comme un enseignement scientifique scolaire au même rang que la théorie de l’évolution.

 Qu’est-ce que L’intelligent Design (ID) ?

Le dessein intelligent (en français) fut fondé par Phillip E Johnson, un chrétien Professeur de Droit à l’université de Californie.

Il s’agit d’expliquer la façon dont la vie serait apparue sur terre et le rôle que Dieu pourrait jouer à cet effet. Ses arguments furent complétés par certains scientifiques chrétiens pour s’articuler selon 3 propositions :

Proposition N°1 : « l’évolution promeut une vision du monde athée et doit être combattue par tout croyant » Ceci implique un fondement non scientifique pour une théorie qui veut pourtant se montrer sous ces traits.

Proposition n°2 : « l’évolution est fondamentalement approximative et discutable car elle ne peut rendre compte de la complexité de la nature. » La complexité de certains organismes tels que l’œil humain ne semblent guère être compatible avec une évolution progressive découlant de la sélection naturelle.

Proposition n°3 : « si l’évolution ne peut expliquer la complexité irréductible, c’est alors qu’un concepteur intelligent doit avoir été impliqué dans le processus d’une manière ou d’une autre, intervenant durant l’évolution pour produire les composants qui lui étaient nécessaires. »

La théorie qui se veut scientifique, n’évoquera cependant pas le nom de Dieu pour ledit concepteur.

Les objections à l’Intelligent Design.

En introduisant l’action de Dieu au sein du processus évolutif, bon nombre de chrétiens pourraient être tentés par les arguments de cette approche.

Il faut toutefois reconnaitre qu’il est impossible de qualifier l’ID de théorie scientifique :

« Une théorie scientifique viable se doit de faire des prédictions et de suggérer différentes approches permettant d’opérer de nouvelles vérifications expérimentales. »

L’idée que l’existence d’entités biologiques complexes requiert forcément l’intervention de forces surnaturelles mène à une impasse scientifique, comment en effet pourrions-nous vérifier cette théorie ?

De plus, les avancées de la recherche ces dernières années nous permettent d’expliquer de mieux en mieux l’évolution de composants qualifiés « d’irréductiblement complexes »  par l’ID, comme la coagulation sanguine de l’homme, le flagelle bactérien ou encore l’œil humain. Nous trouvons de plus en plus d’explications purement scientifiques là où l’Intelligent Design avait attribué un rôle à ces forces surnaturelles.

Théologiquement, l’approche de l’intelligent design s’inscrit dans la tradition des religions du « Dieu bouche-trou ». Diverses cultures ont en effet tenté d’attribuer à Dieu une variété de phénomènes naturels que la science de l’époque n’était pas en mesure de résoudre, comme les éclipses de soleil par exemple.

En outre on comprend mal la toute-puissance d’un Dieu créateur devant intervenir à intervalles réguliers afin de réparer les déficiences de son propre plan initial.

Comprenant la sincérité des croyants trouvant là un argument pour se dissocier de l’athéisme qui colle souvent à la théorie de Darwin, l’auteur averti de la fragilité de l’ID dont la croyance peut s’avérer dangereuse pour la foi car se reposant essentiellement sur les lacunes passagères de la connaissance scientifique.

Quelle issue alors sur le chemin de l’harmonie science et foi ?

C’est ce qui nous attend au prochain épisode….

Billy Graham a propos de l’évolution

« Je ne crois pas qu’il y ait le moindre conflit entre la science d’aujourd’hui et les Écritures. Je pense que nous avons souvent mal interprété les Écritures et que nous avons essayé de leur faire dire ce pour quoi elles n’ont pas été écrites, et je pense que nous avons fait une erreur en pensant que la Bible était un livre de science. La Bible n’est pas un livre de science. La Bible est un livre de rédemption, et bien sur, j’accepte l’histoire de la création. Je crois que Dieu a créé l’homme, et que cela ait été par un processus évolutif et qu’à un certain point, Il ait pris cette personne ou être et en ait fait une âme vivante ou pas ne change pas le fait que Dieu a créé l’homme… de quelque manière que Dieu s’y soit pris ne fait aucune différence dans ce que l’homme est et à sa relation avec Dieu. »

Billy Graham, Doutes et Certitudes

 

Le vrai problème des évangéliques avec l’évolution (et ce qu’il faut en faire)

Note de Benoît Hébert (traducteur) Cet article a été écrit dans un contexte différent de celui du monde évangélique français et européen. Beaucoup d’évangéliques français n’ont aucun mal à réconcilier l’évolution et une lecture orthodoxe de la Bible. Cet article s’adresse plus particulièrement au fondamentalisme « évangélique », qui est majoritaire aux EU, mais aussi bien présent dans le monde francophone. C’est ce que qu’il faut comprendre dans le contexte nord américain à chaque fois que le mot « évangélique » est cité, par exemple quand Peter Enns dit « L’évolution menace la foi évangélique. Et ce n’est pas une blague. La menace est réelle. »

 Article original disponible ici, traduit avec l’aimable autorisation de l’auteur!

 [Ce qui suit est adapté de la conclusion de The Evolution of Adam: What the Bible Does and Doesn’t Say about Human Origins  et est considérablement modifié pour s’adapter à un blog.]

Pourquoi tant d’évangéliques sont-ils sur la défensive à propos de l’évolution?

Ils ont peurs que leur héritage évangélique soit remis en question si l’évolution est vraie. Cela signifie que leur propre histoire est menacée.

Nos histoires personnelles nous permettent de nous situer dans le monde. Ces histoires nous procurent un sens de confort sinon de certitude. De façon générale, les êtres humains détestent être remis en cause dans leurs croyances, tout spécialement s’il s’agit de remettre en question des choses telles que la nature de l’univers et notre place dans ce monde, Dieu, la vie après la mort, et ainsi de suite- des thèmes traités par la foi évangélique.

L’évolution menace la foi évangélique. Et ce n’est pas une blague. La menace est réelle. Toute la rancœur, la prise de position, et la nervosité à propos de l’évolution cache une peur plus profonde : « Si la Bible a tord dans ce domaine, alors personne ne peut nous dire jusqu’où cela ira. Bientôt je serai à la dérive, incapable de savoir si je peux faire confiance en ce que la Bible dit- incapable d’être sur de savoir comment je dois vivre ma vie et ce qui arrivera quand je serai mort. »

Ceci a réellement rapport avec la Bible: Que cela signifie-t-il de la lire correctement? Le mouvement évangélique a investi beaucoup d’énergie dans la construction de murs bien épais autour de la Bible, prêt à la défendre contre les attaques, réelles ou perçues comme telles, qui menacent sa sécurité. (Si vous voulez savoir pourquoi tout ceci fait partie de l’héritage évangélique, lisez  l’article  de l’historien Mark Noll. Je n’ai jamais rien lu qui l’explique aussi efficacement).

Pourtant, le problème est que l’évolution remet bel et bien en cause certaines positions évangéliques à propos de l’interprétation de la Bible.C’est la raison pour laquelle pour certains, le fait de l’envisager, sans même penser l’accepter, signifie tout simplement tourner le dos à leur héritage évangélique. Le prix est souvent trop élevé.

On perd le confort de savoir que sa façon de lire la Bible est la bonne, ce qui permet de rejeter tout doute ou sentiment de mystère et d’embrasser un (faux) sentiment de certitude absolue.

Réécrire ses certitudes théologiques est quelque chose de menaçant, mais il faut le faire, parce que notre ouverture aux changements théologiques lorsqu’ils sont valables font partie intégrante de notre périple dans la foi, plutôt qu’une menace pour notre foi.

Il faut créer une nouvelle culture académique et ecclésiale dans lesquelles on pourra au moins discuter des problèmes difficiles concernantla Bible, sans suspicion ou représailles politiques.

Aller de l’avant paraîtra peut-être comme un mépris du passé. Mais maintenir le passé à tout prix n’est pas un meilleur choix. C’est un chemin de peur. Nous devons porter notre attention vers notre responsabilité envers nos enfants et nos petits enfants. Cela exigera un vrai courage.

La question de l’évolution est devant nous, et elle ne va pas s’en aller, et elle a des implications sur la façon dont les évangéliques lisent leur Bible et font de la théologie. La vraie question est de savoir comment nous allons choisir d’y faire face.

Paul Ohlott, le créationnisme et la science

Après les articles de Paul Gosselin publiés par Blogdei en faveur du créationnisme de la jeune terre, Paul Ohlott, du site actu-Chrétienne.net partage ses réflexions à propos du caractère scientifique du créationnisme.

 

Je réagis parce que ces deux sites, fréquentés par la communauté évangélique et au-delà, façonnent une certaine image de notre communauté sur le net.

 

Cet article est une association d’amalgames et de raccourcis, et il donne tristement le sentiment que les croyants comme les non croyants n’auraient que deux choix possibles : une interprétation littérale des textes bibliques ou bien les découvertes de la science.

 

Tout d’abord, que signifie le mot « créationnisme »? Ce n’est pas simplement croire que l’univers a été créé par Dieu. Pour Paul Ohlott, créationniste = fixiste, c’est-à-dire opposé à l’évolution des espèces et aux origines biologiques évolutives de l’homme.

 

Il faut toutefois souligner que l’on peut tout à la fois croire dans l’activité divine de la création et croire que l’évolution est le moyen choisi par Dieu pour créer. L’évolution n’est donc pas une alternative logique à la notion de création.

 

En citant différents auteurs, Paul Ohlott souligne à juste titre que le christianisme a joué un rôle important dans le développement et l’histoire des sciences.

 

« Ce qu’on oublie, c’est que le terreau de sciences fut la conception biblique d’une création et que celles-ci n’ont été florissantes que là oùla Réformeprit racine en Europe. Les présuppositions qui furent à la base de l’approche scientifique du monde  – à savoir que l’univers créé est réel, compréhensible, qu’il forme un tout et qu’il peut être soumis à l’investigation – vinrent dela Bible. »

 

Il dénonce aussi avec raison le « scientisme », ou matérialisme philosophique prétendant s’appuyer sur la science

 

«Science et Dieu sont-ils mutuellement exclusifs ? Combien de personnes le pensent aujourd’hui ! Et les athées encouragent ce point de vue en affirmant que leur manière de penser est ‘’scientifique’’. Mais dire cela, c’est tout simplement redéfinir la science pour se passer de Dieu. »

 

Il cite aussi Thomas Lepeltier :

 

« En sa qualité d’historien et de philosophe des sciences, Thomas Lepeltier rappelle que si cette thèse était vraie, tous les grands savants du 17ème, du 18ème et du 19ème siècle «ne pourraient pas être considérés comme des scientifiques, parce qu’ils étaient créationnistes». Que faut-il donc penser, par exemple, de John Ray, de Carl Linné, de Georges Cuvier et de Louis Agassiz ? Ces créationnistes ne sont-ils pas des scientifiques ? »

 

Bien entendu, Linné, Cuvier et Agassiz étaient des hommes de leur temps et puisqu’ils ont développé leur théorie avant Darwin, et avant que les découvertes de la génétique, de la biogéographie, de l’embryologie, de la paléontologie ne viennent toutes confirmer les écrits de Darwin à propos de la macroévolution, il est ridicule de faire comme si ces hommes de science avaient pu juger de la pertinence de la théorie de l’évolution.

 

Nous ne sommes pas aujourd’hui dans la même situation que ces hommes, et nous disposons de suffisamment de preuves pour affirmer que l’évolution a bel et bien eu lieu, sauf à croire que Dieu nous a joué une farce en faisant raconter à la nature une histoire qui n’a jamais eu lieu !

 

Paul Ohlott souligne à juste titre que le fixisme et le créationnisme anti-évolution ne sont pas nés avec la théorie de Darwin

 

« Le rapport du Conseil de l’Europe (1), mentionné dans le prologue, affirme que le créationnisme «est né de la négation de l’évolution des espèces par la sélection naturelle». Autrement dit, les différentes formes du créationnisme seraient apparues en réaction à la publication, le 29 novembre 1859, de «L’origine des espèces» de Charles Darwin. Or, si les mouvements créationnistes se sont indubitablement et considérablement développés dans l’ère post-darwinienne, le créationnisme n’a pas attendu la publication du naturaliste anglais pour exister »

 

Ce n’est pourtant pas l’origine historique du fixisme qui doit être le critère selon lequel les chrétiens devraient rejeter ou non l’évolution ! Les vraies questions à se poser sont celles de la validité des preuves qui soutiennent l’évolution, et la compatibilité de ce mode de création avec les enseignements bibliques. La conviction d’un nombre croissant de théologiens et de scientifiques authentiquement chrétiens est que l’évolution est un fait et qu’elle n’est pas contradictoire avecla Bible.

 

Malheureusement, beaucoup d’internautes bien intentionnés croient aujourd’hui rendre service à la communauté évangélique en s’exprimant à propos de sujets qu’ils ne maîtrisent pas. C’est regrettable et nuisible à la propagation de l’évangile.

Le traitement paradoxal du rapport science et foi par le site « hominidés.com » (2)

Le site hominidés.com est particulièrement attrayant et scientifiquement bien informé. Les plus grands spécialistes de la préhistoire sont cités. Vous y trouverez une quantité incroyable d’informations concernant les origines  de l’homme, d’un point de vue biologique, culturel…et l’actualité scientifique débordante dans ce domaine.

 

Je me suis particulièrement intéressé au traitement réservé à la foi et à la science par ce site assez « officiel », et se voulant « neutre » et même ouvert d’un point de vue « religieux ».

Dans un précédent article, nous avons mis en évidence l’hypocrisie de la rubrique concernant les fausses affirmations à propos de l’évolution, dans son traitement de la foi en Dieu.

 

Vous trouverez aussi une rubrique consacrée au mouvement de l’Intelligent Design et ses théories défectueuses.

Nous allons maintenant montrer que tout en dénonçant le mouvement de l’Intelligent Design (I.D.), ou Dessein Intelligent, l’auteur de cette rubrique tombe exactement dans le travers qu’il dénonce : mettre une croyance métaphysique sur le même plan qu’une théorie scientifique.

 

Nous avons suffisamment écrit que nous n’étions pas partisans du mouvement de l’I.D. pour pouvoir parler librement de cette question.

 

Voici la présentation qui en est faite sur le site Hominidés.com :

 

« Origines :  En 1987, aux Etats-Unis, le créationnisme a essuyé un revers dans sa lutte  contre le darwinisme : un procès retentissant opposant les deux parties s’est soldé par l’interdiction d’enseigner le créationnisme dans les écoles. Publication en 1989 du livre  »Of pandas and people » de Percival Davis et Dean H. Kenyon . »

 

La « théorie«  Par décision de la Cour Suprême, il a été jugé que seules les théories scientifiques devaient être enseignées dans les établissements publics et que le créationnisme, étant une religion, ne pouvait figurer au programme scolaire.  Le premier amendement de la Constitution américaine stipule en effet qu’aucune loi ne peut promouvoir une religion.  Les créationnistes, voyant qu’ils ne pourraient plus avancer dans cette direction, ont changé de cap. »

 

 

L’auteur de cette rubrique a tout à fait raison, l’ID est une forme détournée de « créationnisme scientifique » et ne devrait pas être enseigné dans les cours de science et les établissements publics.

 

Mais analysons de prêt la façon dont l’auteur dénonce l’ID.

 

Plutôt que de dénoncer clairement le caractère non scientifique de l’ID et son concept de complexité irréductible, il attaque les partisans de l’ID sur leurs croyances religieuses, en déplaçant ainsi les enjeux du débat et en laissant croire que la science serait incompatible avec toute forme de croyance en un Dieu créateur.

 

« La « nouvelle théorie » créationniste, le Dessein Intelligent, ou Intelligent Design, a donc tenté de présenter ses arguments de manière plus « scientifique »…  Repartant en guerre contre la théorie de l’évolution, ces « nouveaux créationnistes » ont enlevé toute notion de Dieu de leur vocabulaire… sans changer le fond de leurs pensées ! 

  Cela nous donne des notions assez surréalistes : – l’évolution est guidée par un être supérieur, il y a un dessein intelligent dans l’univers »

Il est certainement inapproprié d’invoquer Dieu scientifiquement comme guide de l’évolution, mais c’est loin d’être surréaliste de croire que le créateur a conçu les lois naturelles et qu’elles constituent une description de la façon dont il a choisit d’agir ! Nous ne sommes plus sur le champ de la science !

L’auteur dénonce maintenant les arguments de l’ID. « - la vie humaine est trop complexe pour être le fruit du hasard »

 

Le hasard est-il ici conçu comme un mode de description aléatoire d’un phénomène naturel qui n’exclut en rien l’action du Créateur, ou bien comme un agent métaphysique qui remplacerait Dieu ? « - la théorie de l’évolution est trop frustre pour expliquer la complexité de la vie. La meilleure hypothèse alternative, c’est qu’une intelligence supérieure, extraterrestre ou divine, l’a organisée. – il y a tellement de choses belles dans la nature que c’est forcément une force intelligente qui dirige tout cela… Il suffit de remplacer les notions de force ou Dessein Intelligent par le mot Dieu pour retrouver tous les arguments des créationnistes 30 ans en arrière… »

 

Au fond, ce que reproche l’auteur de cet article, c’est la croyance en Dieu des partisans de ce mouvement religieux ! Il se place donc sur le même terrain qu’eux et est coupable des mêmes travers !

Sa véritable intention n’est donc pas de défendre la science, mais ses propres présupposés métaphysiques athées. C’est le droit de chacun de croire ou de ne pas croire, mais c’est malhonnête de se cacher derrière un discours pseudo scientifique pour défendre ses convictions philosophiques !

Pourquoi ne pas avoir évoqué les notions de complexité irréductible et s’être placé sur un terrain scientifique?

« Créationnisme et dérives sectaires »

L’observatoire national des dérives sectaires évangéliques, animé par des chrétiens évangéliques a publié un article intitulé « Créationnisme et dérives sectaires ».

« L’antique concile de Nicée de 325 après Jésus-Christ avait ainsi arrêté la confession de foi des chrétiens : « Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ». Cette foi en un Dieu créateur est inscrite dès les premiers mots de la Bible : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. » (Genèse 1 :1). Cette foi des chrétiens, et déjà des juifs bien avant eux, n’a jamais posé de problème au sein des sociétés dans lesquelles ils ont vécu mais qu’en est-il aujourd’hui ?…

La Bible invite les croyants à croire que Dieu est le créateur plus qu’à le démontrer par des moyens scientifiques. Nous pouvons lire dans le Nouveau Testament : « C’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été créé par Dieu. » (Epître aux Hébreux 11 :3) Ce n’est pas par une démonstration scientifique que le chrétien est « créationniste » mais c’est par la foi. Le « créationnisme » est une croyance et a toujours été une croyance. L’étude du monde par les scientifiques peut les amener à se poser des questions sur l’origine de la création. L’ONDSE, composé de membres d’Eglises évangéliques, représentant plusieurs dénominations, réclame son attachement à la Bible qui enseigne aussi à ce sujet : « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » (Epître aux Romains 1 :20) La création, dans sa beauté, sa grandeur, sa complexité, est à elle seule un merveilleux moyen d’interpeller les hommes, non seulement sur le « comment » de l’univers mais aussi sur son « pourquoi ».

Nous ne pensons pas que le créationnisme en tant que « donnée de la foi évangélique » puisse être un comportement sectaire ou qu’il puisse favoriser un comportement sectaire. La résolution du Conseil de l’Europe doit néanmoins nous appeler à la vigilance et à la prudence. La laïcité est en France un espace de respect et de liberté, espace que tous doivent protéger et respecter. L’école laïque doit veiller à ne pas se laisser infiltrer par des enseignements non scientifiques, quelles que soient leurs provenances. L’introduction, cette année 2011, de la « théorie des genres » dans les manuels scolaires de l’éducation nationale a suscité de vives réactions du monde protestant évangélique mais aussi de la classe politique française, Jean-Marc Nesme, député de l’UMP, a même saisi la Miviludes soupçonnant une dérive sectaire. Si les évangéliques veulent que des enseignements du type de la « théorie des genres » n’entrent pas dans l’école laïque ils se doivent aussi de garder leurs propres croyances dans la sphère privée, en accepter la nature « religieuse » sans l’imposer comme une science certaine et absolue. L’extrémisme n’est pas un lieu d’échange, ni de dialogue, ni de respect, ni de liberté et il doit être combattu partout et quelles que soient les formes sous lesquelles il se manifeste. »(Ma mise en gras)

Cet article équilibré prend bien soin de définir sa compréhension du mot « créationniste »: la foi dans le Dieu Créateur et pas une démonstration scientifique de la création.

Je crains que l’article ne souligne pas assez toute l’ambiguïté du vocable « créationniste ». Dans la compréhension courante, ce mot évoque les mouvements d’origine nord américaine qui rejettent l’évolution en tant que théorie scientifique pour la remplacer par une autre théorie scientifique issue d’une lecture littérale de la Genèse.

Ainsi l’affirmation: « Nous ne pensons pas que le créationnisme en tant que « donnée de la foi évangélique » puisse être un comportement sectaire ou qu’il puisse favoriser un comportement sectaire. » perd un peu de son impact, parce que chacun la comprendra comme il entend!

Ainsi, sur le site blogdei, qui défend assez souvent des positions créationnistes du type « créationnisme de la jeune terre », il est fait mention de cet article avec un contresens évident :

« L’Observatoire national des dérives sectaires évangéliques soutient les positions Créationnistes face au Conseil de l’Europe »

Cette compréhension du sens général de l’article est visiblement erronée, car celui-ci n’est en aucun cas un « soutien des positions créationnistes » (au sens « scientifique » du terme) « face au Conseil de l’Europe », mais tout le contraire.

« Si les évangéliques veulent que des enseignements du type de la « théorie des genres » n’entrent pas dans l’école laïque ils se doivent aussi de garder leurs propres croyances dans la sphère privée, en accepter la nature « religieuse » sans l’imposer comme une science certaine et absolue. L’extrémisme n’est pas un lieu d’échange, ni de dialogue, ni de respect, ni de liberté et il doit être combattu partout et quelles que soient les formes sous lesquelles il se manifeste. »

Le traitement paradoxal du rapport science et foi par le site « hominidés.com » (1)

Le site hominidés.com est particulièrement attrayant et scientifiquement bien informé. Les plus grands spécialistes de la préhistoire sont cités. Vous y trouverez une quantité incroyable d’informations concernant les origines  de l’homme, d’un point de vue biologique, culturel…et l’actualité scientifique débordante dans ce domaine.

 

Je me suis particulièrement intéressé au traitement réservé à la foi et à la science par ce site assez « officiel », et se voulant « neutre » et même ouvert d’un point de vue « religieux ».

La volonté de dialogue est affichée puisque vous y trouverez les réflexions du prêtre Robert Divoux, dans une rubrique intitulée « évolution des espèces et foi en Dieu »

 

 » Hominides.com ouvre ses colonnes au père Robert Divoux pour faire la passerelle entre Science et Religion »

Extrait choisi :

 

« Jésus, « passerelle » entre l’humanité et le divin

L’homme apparu sur terre avait refusé d’entrer en communion avec la pensée de Dieu, ce que raconte – de façon symbolique et imagée, car nous sommes dans le domaine du mythe – le récit biblique de la chute d’Adam et Eve au Paradis (la fameuse histoire de ‘‘la pomme’’ !). L’homme s’était écarté de la bonne route pour suivre ses propres idées, ses propres désirs, tourné vers lui-même, dans l’oubli des autres hommes et même souvent contre eux. Le Mal était entré dans le monde.

Pour recréer cette œuvre de Dieu abîmée et ouvrir un nouveau chemin, Jésus a pris la tête de l’humanité nouvelle, et ce afin que nous puissions rejoindre librement le Père et partager sa vie dès ici-bas et pour toujours. Mais Jésus se trouve être ‘‘premier de cordée’’, avec tous les risques et toutes les conséquences que cela comporte. Pour lui, cela se traduira par bien des oppositions, des épreuves, des rejets et même des trahisons au cours de sa vie publique. Puis, cela finira par une condamnation à mort et son exécution sur une croix. »

Il existe aussi une rubrique intitulée « les idées fausses sur la théorie de l’évolution », qui dénonce tous les contresens scientifiques fréquents chez de nombreux créationnistes anti-évolutionnistes, par exemple :

 

La théorie de l’évolution est à l’origine du racisme

La théorie de l’évolution n’est qu’une hypothèse

 

« Remettons les choses à leur place !!!  Vous trouverez ici un florilège des idées fausses sur l’évolution des espèces, sur Darwin en particulier, et sur les évolutionnistes en général :  – une sélection des phrases toutes faites que l’on répète ou qu’on entend fréquemment autour de soi – les amalgames présentés par des sites de pseudosciences qui pullulent sur le net… – les mensonges proclamés par des organisations ultrareligieuses (catholiques, islamiques ou autres…) – les créationnistes dénonçant un complot scientifique contre la religion (vous savez, comme les OVNI cachés par le gouvernement américain…)

 Avant de commencer…  Des préalables pour calmer le débat… 

Les croyants ne sont pas tous créationnistes… Croire en un Dieu est tout à fait compatible avec l’étude des sciences. On peut avoir des croyances et aussi comprendre le monde qui nous entoure. Le créationniste a une lecture littérale des textes religieux, alors que le croyant sait qu’il faut interpréter les textes.

Les évolutionnistes ne sont pas tous athées… Cela n’a rien à voir. L’étude de la nature, de la faune, de l’astronomie et des mécanismes qui les régissent n’empêche pas de croire en un Dieu pour, par exemple, donner un sens à sa vie. 

Croire et comprendre, ou Croire ou comprendre… telle est la question ! »

Ainsi soit-il  !!

La plupart des réponses proposées sont neutres du point de vue des prises de positions métaphysiques ou philosophiques extra-scientifiques.

 

Mais certaines réponses laissent clairement entrevoir les préjugés anti-foi de leur auteur :

 

Les évolutionnistes disent que « l’homme descend du singe ». »C’est absolument faux, l’homme ne descend pas du singe. C’est un singe lui-même !  On attribue, à tort, cette phrase à Charles Darwin et aux scientifiques.  Ce que l’on sait c’est que les hommes et le chimpanzé ont un ancêtre commun, un singe hominoïde. Depuis ce DAC (Dernier Ancêtre Commun) les espèces se sont séparées il y a 8 à 9 millions d’années. Les lignées divergentes ont ensuite évolué chacune de leur côté. Les gorilles ou les chimpanzés sont donc des cousins éloignés de l’homme mais en aucun cas des frères ou des pères ! « 

 

Affirmer que l’homme a un ancêtre biologique commun avec le reste du monde vivant ne résonne pas tout à fait comme l’affirmation « c’est un singe lui-même », qui ressemble à la réduction « et rien qu’un singe et certainement pas une créature faite à l’image de Dieu ». C’est ce que conforte d’ailleurs la suite de la réponse

 

 » On peut également se poser la question de savoir pourquoi la parenté avec le singe est une insulte… Sans doute parce qu’elle rappelle que l’homme est un animal parmi d’autres… ni supérieur, ni inférieur. Cette mise au point gêne les extrémistes qui positionnent l’homme au-dessus des autres espèces comme un aboutissement.  » (Ma mise en gras)

 

 

Que d’amalgames réducteurs dans ces lignes ! En quoi l’origine biologique de l’homme aurait un quelconque rapport avec la question de la valeur de l’homme ! L’auteur de cet article fait exactement ce qu’il reproche aux créationnistes qu’il dénonce, il confond discours scientifique et discours à propos des valeurs. Et tant qu’il y est, qu’il aille jusqu’au bout de son raisonnement, au nom de quoi un homme aurait-il plus de valeur qu’un vers de terre, animal lui aussi, fruit  d’un processus évolutif ? Ou qu’une souris ? L’homme est un mammifère comme un autre après tout !

Celui pour qui l’homme est l’aboutissement d’un processus évolutif planifié par le créateur est automatiquement taxé d’ »extrémiste », cela fait des millions d’extrémistes en France !!  L’extrémisme est-il vraiment là où il est dénoncé ?

Cela me rappelle d’ailleurs la dénonciation faite du créationnisme par Guillaume Lecointre, du Museum d’Histoire naturelle

« La confusion entre les questions de faits et les questions morales : une stratégie de choix pour les créationnismes

…Il fut une époque où la science était le serviteur de la théologie, et donc de la philosophie. A ce titre, la science mélangeait les discours sur les faits et les discours de valeur. Depuis la révolution scientifique des XVII et XVIIIème siècles, la science n’a pourtant plus vocation de servir ou de justifier à dessein un discours de valeurs. Son nouveau contrat passé avec la connaissance se cantonne à mettre en lumière des faits expérimentalement reproductibles. Cela n’empêche en rien les valeurs d’être régies dans les domaines moral, civique, éthique, politique, voire théologique ou religieux. « 

Quelques lignes plus loin vous avez un démenti à cette affirmation dans la réponse à la fausse affirmation :

 La théorie de l’évolution est contre la religion (les religions) 

 

Après la réponse précedente, ça va être dur de convaincre les lecteurs, mais est-ce vraiment le but recherché ?

 

Encore une réponse gratinée…

 

« Pour les évolutionnistes l’homme est apparu sur Terre uniquement par hasard. Oui c’est vrai et ce n’est pas très grave puisque nous sommes là… Peut-être que si l’on avait donné le choix aux autres animaux nous n’aurions pas été sélectionnés. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’homme n’est pas une bonne chose pour la Terre : explosions atomiques, guerre, destruction de la faune, de la flore, modification du climat… Par ailleurs cette notion de hasard, qui gêne tant les ultrareligieux, est pourtant à la base de nos croyances.  Personne n’est responsable de son lieu de naissance, et pourtant c’est lui qui détermine votre religion, le hasard ! Si vous naissez à Clermond-Ferrand vous avez toutes les chances d’être catholique, par contre à Bagdad vous serez musulman et à Haïfa juif… ça c’est vraiment du hasard… »

 

Là où nous sommes d’accord, c’est que les hommes ont certainement failli dans leur mission !!

Mais l’utilisation du caractère « aléatoire » de l’évolution qui s’accommode très bien de la notion chrétienne de Providence est ici « mutée » en moteur créateur et métaphysique de l’évolution !!

L’adoption de telle religion par l’un ou l’autre suivant son contexte de naissance est certainement une question passionnante…mais n’a rien à faire ici car elle relève clairement de la philosophie ou de la foi !!

 

Vous avez dit « calmer le débat, remettre les choses à leur place ? »

 

A suivre !

 

Discussion à propos su « Labyrinthe des origines » d’Alfred Kuen, partie 10

J’aimerais inaugurer une nouvelle façon de concevoir la discussion sur ce blog.

Mon but ne sera pas de prendre parti pour ou contre un livre, mais d’exposer la vision de l’auteur dans de courts résumés. Ce qui sera exposé ne correspondra donc pas forcément à ce que je pense. Cela ne correspond pas forcément d’ailleurs à ce qu’Alfred Kuen pense puisqu’à son habitude, il fait une synthèse d’opinions différentes.

J’entrecouperai ces résumés de questions ouvertes dont le but sera de nous faire réfléchir et  réagir.

Le premier livre choisi est donc le « Labyrinthe des origines » d’Alfred Kuen, aux éditions Emmaüs.

Source: Le regretté Philippe Gold Aubert a réalisé un excellent résumé de cet ouvrage sur son site. Je m’en servirai de point de départ pour notre première discussion.

http://www.science-foi.org/livres/kuen/print.htm

« Chapitre 6 : L’âge de la Terre (suite)

 

Des objections morales s’y opposent aussi : J.-M. Nicole dit : « A mon sens, une des grandes objections à cette théorie d’une Terre jeune, c’est le fait que certaines étoiles se trouvent à des milliards d’années-lumière…Si Dieu a créé un monde avec l’apparence d’un âge si considérable, il faudrait conclure qu’Il aurait semé partout de faux indices pour égarer les chercheurs ! Alexander constate lui, que beaucoup de leurs arguments et de leurs conclusions sont « abrupts, mal étayés et forcés, et…qu’un chrétien honnête, humble et rigoureux ne peut y souscrire ».

Des objections bibliques existent aussi à cette vison. Dans le texte biblique, il n’est jamais dit qu’une malédiction a touché tout le cosmos, ni que le monde animal a subi une transformation profonde de structure. Seul Satan, en serpent, a été maudit. Après le Déluge, on constate que la géographie n’a pas changé : le Tigre et l’Euphrate sont toujours là! Et Noé a utilisé du bitume – le même que le nôtre – pour bien isoler son arche… »

Pourquoi certains croyants affirment-ils que le déluge a été universel? Pourquoi ce déluge n’a pas pu être universel?

« Diverses objections scientifiques sont soutenables aussi dans ce différend. Les mesures astronomiques naturellement, dont nous avons déjà parlé ; l’expansion de l’Univers, qui nous permet de préciser la date du Big Bang assez exactement ; la structure des étoiles qui passent toutes par une série de phases identiques. On sait ainsi que notre galaxie compte des étoiles qui ont entre 5 et 10 milliards d’années, et que notre Terre a environ 4,5 milliards d’années. Enfin, les météorites et l’âge de la lune ont aussi le même âge. Il y a des preuves géochimiques, radiométriques (comme la désintégration des corps radioactifs; si la méthode au 14C est bien connue, parce que la plus ancienne, elle ne vaut que pour une période de 30 000 ans. Mais la désintégration de nombreux autres radioéléments permet des recoupements de plus en plus exacts dans toutes les couches géologiques.

Des preuves tirées du champ magnétique terrestre peuvent aussi être évoquées, et surtout celles fournies par les couches fossilifères. On n’a jamais trouvé de fossiles humains dans les couches carbonifères qui se sont donc formées bien avant l’histoire humaine. La plupart des fossiles représentent des espèces disparues depuis longtemps, et elles ne peuvent avoir été détruites soudainement dans une catastrophe unique. Au cours des temps géologiques du reste, on a pu constater d’autres extinctions massives de divers organismes vivants. Concernant les couches carbonifères, la fossilisation se poursuit actuellement, sans discontinuer. H. Gras présente, par exemple, dans les Cévennes, une coupe à travers 5 km de sédiments mettant en évidence 90 couches différentes de charbon. Il y a donc eu là 90 forêts successives qui se sont développées, sont mortes avec leur bois, leurs feuilles, leurs détritus, parfois en accumulation considérable. Quel temps il a fallu pour faire tout ça! »

La terre est-elle jeune?

 

Les méthodes de datation par la radioactivité sont-elles fiables?

« Ceci nous démontre aussi que la mort physique a toujours existé dans notre Création, et avant l’arrivée de l’Homme. On pourrait encore citer des preuves tirées du volcanisme et des dépôts glaciaires, qui se sont étendus durant des milliers d’années dans certaines régions sur des épaisseurs considérables, et qui se sont retirés ensuite très lentement sur quelques 25 millions d’années, à l’ère tertiaire. Les mammouths trouvés gelés en Alaska et en Sibérie, il y a 39 000 ans, n’ont pas été recouverts par un déluge dans ces toundras nordiques. Et dans l’Antarctique, le laboratoire de glaciologie de Grenoble a foré la glace dans un site à 3250 m. d’altitude avant d’atteindre le rocher. Les forages ont permis d’analyser l’accumulation réalisée en ce lieu durant 740 000 ans. On peut lire le climat périodique (très variable), sur les cercles des carottes comme sur les arbres! »

Que faire du langage biblique à propos de la mort? 

L’auteur analyse de même, en détails, les affirmations néo-créationnistes au sujet des sédiments. Ils sont lents et parfois abondants, étant dus à des tempêtes, des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des inondations… Mais ces cimetières fossiles ne sont pas dus à une catastrophe unique. Et pour former des dépôts lacustres de centaines de mètres d’épaisseur, il faut bien des millions d’années.

Cependant selon les anti-scientistes, dit H. Blocher, il est possible que toutes les couches géologiques soient le résultat du Déluge : du désordre d’un cataclysme peut renaître l’ordre actuel que l’on peut constater… Mais W. Ault dit que ces théories ont été forgées par des gens qui ignorent les principes élémentaires de la géologie, et qu’aucun géologue de renom ne peut y adhérer. Ajoutons que les géologues tiennent parfaitement compte des facteurs exceptionnels survenus dans l’histoire de la terre, des variations de l’activité volcanique, des ères de glaciations, des chutes de météorites, etc., etc. Il s’agit donc maintenant, une fois les faits scientifiques bien établis, d’interpréter à notre tour la révélation biblique d’une manière compatible avec la vérité scientifique, écrit C. Evans, car il n’y a pas deux vérités contradictoires : celle de la Bible, et celle de la nature, telle qu’elle nous apparaît.

Après quelques considérations sur l’aspect gênant de cette théorie qui conçoit que Dieu pourrait tromper à ce point tous les chercheurs, l’auteur conclut en citant quelques remarques sur les dangers de ces théories pour notre jeunesse. En effet, les lycéens ou les étudiants chrétiens, voient leur foi démolie si on leur a enseigné des thèses erronées, sous un prétexte religieux. Le dogmatisme et les efforts persistants des créationnistes risquent de miner la foi chrétienne. Mais naturellement, prenons garde aussi de ne pas nous accrocher pareillement à une théorie scientifique, et de l’utiliser comme un moyen d’apologétique. »

 

La création face à l’évolution – une fausse guerre ?(Dieu et le Big Bang (7))

LES ORIGINES

Le mot signifie un   »faire exister », et ici il s’agit  de « faire exister par Dieu »,  quelle que soit la façon dont cela se passe. Le mot « création » fait ressortir que Dieu est l’auteur de l’univers et de la vie, mais sans en donner le processus.

 

La création face à l’évolution – une fausse guerre ?

Le  processus d’évolution n’est pas une alternative logique à  l’acte de création de

Dieu, malgré l’avis de certains médias qui popularisent la science.  L’acte de créer un nouveau modèle de voiture n’empêche pas l’existence d’un  processus d’automatisation. L’évolution n’est incompatible qu’avec l’idée d’actes de création distincts, ce que l’on appelle la « création particulière ». Charles Darwin, qui se disait agnostique, déclara :

« Dans mes fluctuations les plus extrêmes je n’ai jamais été athée au point de nier l’existence d’un Dieu. »

 

L’évolution : une religion

 

Certains ont essayé de faire de l’évolution une religion, espérant  y trouver ‘un substitut séculier à Dieu’. De tels essais appartiennent à la doctrine de « l’évolutionnisme idéologique », plutôt qu’à la théorie biologique de l’évolution. Mais l’évolutionnisme s’est infiltrée dans la pensée populaire qui l’identifie de près à la théorie biologique elle-même. Cependant, on ne peut justifier les tentatives d’extraire de la théorie d’évolution des idées philosophiques, telles que le progrès moral.  La biologie nous explique ce qui EST, pas ce qui DEVRAIT ETRE. De même, l’existence des processus dûs au hasard dans l’évolution n’exclue pas une volonté et un plan divins. « Le hasard » dans la science concerne l’imprévisible. Cela ne veut pas dire sans plan ou sans but comme on le comprend dans le langage populaire.

Les plans et les buts ultimes sont en dehors du domaine de la science.

 

Quand les chrétiens ne sont pas d’accord

 

Certains chrétiens comprennent les premiers chapitres de la Genèse comme enseignant une terre jeune et des actes individuels de création pour toutes les espèces différentes. D’autres, qui ont un même respect pour l’autorité de la Bible, ne voient aucune contradiction entre le texte Biblique et un univers ancien, l’évolution des étoiles, des molécules et des êtres vivants.

Les deux groupes croient que leur opinion est  en accord avec les preuves scientifiques disponibles. Malgré leurs différences, tous affirment que le monde fut créé par Dieu.

 

Attention à votre vocabulaire !

Dans l’avant-propos de son livre, « L’origine des Espèces », Darwin utilisa la citation suivante de Francis Bacon : « Que nul homme…ne pense ou soutienne, qu’un homme peut chercher trop loin ou trop connaître le livre de la parole de Dieu ou le livre de l’oeuvre de Dieu. » Bacon faisait référence à Dieu en tant qu’auteur du…

•  Livre des Ecritures – le Livre des Paroles de Dieu

•  Livre de la Nature – le Livre des oeuvres de Dieu

 

Galilée  dit qu’ « il est impossible que deux vérités se contredisent. » Cependant, la Bible utilise divers genres littéraires. Il est donc important de faire les distinctions entre l’histoire, la parabole, la poésie, les lettres, les proverbes, les allégories, etc. Comme dans la science, on se sert de certaines tournures de phrase pour transmettre une idée. Ce qui est invisible, ou des idées nouvelles qui sont  difficiles à comprendre, sont comparés à ce qu’on connaît pour nous aider à mieux les comprendre. La science et la religion se servent toutes les deux de cette technique.

On dit par exemple que ; « les atomes ressemblent à de petits systèmes solaires, »"l’électricité parcours un fil comme l’eau un tuyau »; « Dieu est comme un bon père, » et ; « l’Esprit de Dieu est comme le vent ».

Mais chaque comparaison a ses limites, et devient donc ridicule d’essayer d’en extraire tous les détails. Parfois cela est fait délibérément avec l’intention de se moquer du christianisme. De plus, Galilée nous avertit du danger de découvrir de la science moderne, qui change, dans les textes Bibliques. C’est ce que certains gens bien intentionnés cherchaient à faire, à son l’époque, de l’astronomie, mais Galilée fit remarquer que : »le Saint-Esprit a pour mission de nous enseigner comment aller au ciel et pas comment le ciel va. » Et le Livre de l’Ecriture et celui de la Nature ont besoin d’être lus attentivement, et avec un esprit ouvert à apprendre de nouvelles choses. Nos propres préjugés et préconceptions, qu’ils soient créationnistes ou évolutionnistes, peuvent fortement influencer notre compréhension.