Archive pour octobre 2011

« Le créationnisme, l’intelligent design (ou conception intelligente) et l’éducation des sciences » (7)

Merci à Michael Poole d’avoir autorisé la traduction et la publication de son article Creation, intelligent design and science education pour le blog création et évolution. Il s’agit au départ d’un long article qui sera « coupé en morceaux ». Il a été écrit dans un contexte britannique et sera laissé dans son intégralité, mais il est directement applicable au contexte français.

Mike Poole est membre de Christians in Science. Il est auteur de plusieurs livres et de 70 articles à propos des rapports entre la foi et la science. Il est actuellement un « Visiting Research Fellow » en science et religion au département d’éducation et d’études professionnelles de la prestigieuse Université  King’s College de Londres.

Conclusion :

Les problèmes que nous avons soulevés ont été accentués par le fait que certains essayent de faire croire au plus grand nombre que la science justifie l’athéisme- ce qui donne une très mauvaise image de la science qu’elle ne mérite pas. La ‘religion’ n’est pas une ‘théorie scientifique’, et il est tout aussi vain d’essayer de se tourner vers la science, l’étude du monde naturel, dans l’espoir d’obtenir une réponse à des questions telle que celle de savoir s’il existe autre chose que le monde naturel (i.e. Dieu), et auquel ce monde naturel doit son existence. L’entreprise scientifique, qui étudie la matière et l’énergie, l’espace et le temps, n’est pas concernée pas les ‘causes premières ‘, telles que Dieu. Cette étude est hors de son champ d’action. C’est ce qui permet à ceux de toutes confessions, ou d’aucune d’entre elles, de coopérer dans un effort commun qui mérite d’être accompli.

Aux E.U., les tentatives pour que le créationnisme ou l’ID soient enseignés dans les cours de science ont échoué dans les tribunaux. Ils ont été jugés comme des idées religieuses, à l’encontre du premier amendement de la constitution. Toutefois, si la question du créationnisme ou de l’ID était soulevée par un étudiant en cours de science en Angleterre, les professeurs de science pourraient peut-être choisir de prendre le temps de clarifier la signification des termes ambigus dont nous avons parlé, en enseignant la différence qu’il y a entre la science et ce qui n’est pas de son ressort. En faire davantage serait de mon point de vue inapproprié. Le problème de savoir si l’univers a été conçu ou bien s’il est un accident, bien qu’il puisse être soulevé par la science, relève de concepts d’ordre religieux. Ce sont des questions qui, dans le langage de la version la plus récente de Science in the National Curriculum for England, tombent dans la catégorie des problèmes que ‘la science ne peut résoudre’.

La résolution PACE (2007b) dit en conclusion :

Nous demandons aux états membres…19.4 de s’opposer fermement au créationnisme en tant que discipline scientifique sur le même niveau que la théorie de l’évolution et en général, de résister à toute présentation d’idées créationnistes dans d’autres disciplines que celle des cours de religion ;

Cette dernière clause est peut-être trop restrictive, parce que le créationnisme pourrait bien être le genre de sujet que l’on pourrait traiter dans des études interdisciplinaires telles que l’éducation civique, l’anglais, l’histoire, la philosophie, l’éducation religieuse et les sciences. Dans des écrits plus anciens, j’ai plaidé fréquemment pour que différents départements interagissent dans les écoles en matière de science et de religion.

Remerciements:

 

Michael Poole remercie la delegation du Royaume Uni au Conseil de l’Europe pour les informations à propos des procédures à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi que les professeurs Paul Black et John Brooke pour leurs commentaires à propos sur une première version de cet article.

 

References

Behe, M. J. (1996) Darwin’s black box. New York: Free

Press/Simon and Schuster.

Brooke, J. H. (1985) The relations between Darwin’s

science and his religion. In Darwinism and divinity, ed.

Durant, J. p. 56. Oxford, Blackwell.

Coulson, C. A. (1955) Science and religion: a changing

relationship. Cambridge: Cambridge University Press.

Darwin, C. (1906) The origin of species. 6th (last) edn.

London: John Murray (the citation first appeared in the

second edition of 1860).

Darwin, F. ed. (1958) The autobiography of Charles and

selected letters (letter to a Mr J. Fordyee). New York:

Dover.

DCSF (Department for Children, Schools and Families)

(2007) Guidance on the place of creationism and

intelligent design in science lessons.

http://www.teachernet.gov.uk/docbank/index.

cfm?id=11890 (accessed October 2007).

Kingsley, F. (1877) Charles Kingsley, his letters and

memories of his life. Vol. 2. London. (Cited in Meadows,

A. J. (1975) Kingsley’s attitude to science. Theology,

LXXVIII(655), 20.)

Livingstone, D. N. (1987) Darwin’s forgotten defenders.

Edinburgh: Scottish Academic Press/Eerdmans.

Morris, H. M. and Whitcomb, J. C. Jr (1961) The Genesis

flood. Philadelphia: Presbyterian and Reformed

Publishing Co.

PACE (Parliamentary Assembly of the Council of Europe)

(2007a) The dangers of creationism in education.

Working document, paras 32 & 33.

http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/Doc07/

EDOC11375.pdf (accessed October 2007)

PACE (Parliamentary Assembly of the Council of Europe)

(2007b) The dangers of creationism in education.

Text adopted by the Assembly on 4 October 2007

(35th Sitting).

http://www.assembly.coe.int/Main.asp?link=/Documents/

AdoptedText/ta07/ERES1580.htm (accessed October

2007)

Further reading

Ayala, F. J. (2006) Darwin and intelligent design.

Minneapolis: Fortress Press.

Jones, L. and Reiss, M. J. ed. (2007) Teaching about

scientific origins: taking account of creationism. New

York: Peter Lang.

Midgley, M. (2007) Intelligent design theory and other

ideological problems. Impact pamphlet 15 (ed. Michael

Smith). Philosophy of Education Society of Great Britain.

Poole, M. W. (2007) User’s guide to science and belief.

Oxford: Lion Hudson (from which some of the above

material is drawn).

« Le créationnisme, l’intelligent design (ou conception intelligente) et l’éducation des sciences » (6)

Merci à Michael Poole d’avoir autorisé la traduction et la publication de son article Creation, intelligent design and science education pour le blog création et évolution. Il s’agit au départ d’un long article qui sera « coupé en morceaux ». Il a été écrit dans un contexte britannique et sera laissé dans son intégralité, mais il est directement applicable au contexte français.

Mike Poole est membre de Christians in Science. Il est auteur de plusieurs livres et de 70 articles à propos des rapports entre la foi et la science. Il est actuellement un « Visiting Research Fellow » en science et religion au département d’éducation et d’études professionnelles de la prestigieuse Université  King’s College de Londres.

Les arguments défectueux du mouvement de l’Intelligent Design (2/2)

En résumé, les arguments traditionnels en faveur de la conception du monde sont indépendants et ne sont pas renforcés par la notion de complexité spécifiée promue par les partisans du mouvement de l’Intelligent Design (ID). En effet, leur argument principal est défectueux dans les trois tableaux dressés dans notre précédent article. Cependant, en répétant un paragraphe antérieur, en changeant des mots appropriés :

Il est toutefois important, dans l’intérêt d’une éducation des sciences de qualité, que le rejet de ‘l’argument en faveur d’une conception intelligente préconisé par le mouvement de l’ID’ comme un mauvais argument ne soit pas présenté comme une négation de la croyance traditionnelle dans la conception elle-même.

La science, et en particulier la biologie de l’évolution, avec ses concepts de hasard et de sélection ne contredit pas la notion de conception, tout particulièrement au regard du développement des algorithmes génétiques. Dans ces algorithmes, les hommes, agents intelligents, utilisent le hasard et la sélection dans la conception de leurs programmes informatiques, en utilisant des ordinateurs pour simuler les processus moléculaires impliqués dans la reproduction sexuée pour mettre à jour les conditions optimales afin de résoudre un éventail très large de problèmes.

Il n’est pas suffisant de pointer du doigt certains produits étonnants des processus évolutifs pour affirmer qu’il n’y a pas de conception de l’univers. Si l’univers a été consciemment conçu pour permettre l’émergence aux éléments nécessaires à la vie telle que nous la connaissons, via le big bang, alors d’autres choses allaient sûrement suivre. De vastes quantités de radiation résiduelle issue de la fusion nucléaire dans les étoiles allaient plus tard produire des mutations dans le matériel organique. Ceci a donné à la fois une riche variété d’êtres vivants, mais aussi des bizarreries et des cancers.

Il est surprenant de constater que l’émergence de concepts évolutifs soit vus par certains comme une menace à la religion, alors que des gens comme le révérend et professeur Charles Kingsley les interprétait comme soulignant tout à nouveau l’immanence de Dieu dans la création. Après tout, les déistes du XVIIIème siècle avaient dépeint Dieu comme un horloger cosmique qui, une fois le travail fait, n’ « intervenait » qu’occasionnellement pour balayer ou bien pour « tordre » ce travail. Ainsi, Charles Kingsley commentait :

Ils pensent qu’ils se sont débarrassés d’un Dieu interventionniste- j’appelle cela un maître de magie- ils ont choisi entre l’empire absolu de l’accident, et un Dieu vivant immanent et toujours à l’œuvre. (Kingsley, F., 1877 :171)

On peut voir l’évolution par sélection naturelle comme un moyen efficace de s’assurer que toutes les niches écologiques soient remplies. Si le climat et que les moyens de se nourrir changent, mais pas trop rapidement, les populations s’adapteront très probablement à ces changements plutôt qu’elles ne mourront. Dans L’origine de espèces, Darwin (1860, dans Darwin 1906 :658) citait une lettre que Charles Kingsley lui avait écrite, disant :

Un auteur célèbre et croyant m’a écrit qu’il a progressivement appris à voir que  la conception d’un Dieu qui  a créé un petit nombre de formes originales capables de se développer par elles-mêmes en d’autres formes utiles est tout aussi noble que de croire que ce même Dieu a eu besoin d’actes de création nouveaux pour remplir les vides occasionnés par l’action de ses propres lois.

De nombreux auteurs ont cité Aubrey Moore, le théologien et historien d’Oxford, écrivant 30 ans après la publication de L’origine de espèces, en disant :

 La science a repoussé le Dieu des déistes de plus en plus loin, et au moment où on avait l’impression qu’il allait être définitivement éloigné, le darwinisme est apparu, et, sous l’apparence d’un adversaire, il a fait le travail d’un ami. Il a conféré à la philosophie et à la religion un bénéfice inestimable en montrant qu’il nous faut choisir entre deux possibilités. Ou bien Dieu est présent partout dans la nature, ou il n’est nulle part.

 Entre autre, l’apparition de bizarreries a donc trouvé un sens parmi les produits des changements évolutifs dans un monde conçu par le créateur.

Dans un dernier article, Mike Poole conclura cette série d’articles et nous fournirons les références associées.

« Créationnisme et dérives sectaires »

L’observatoire national des dérives sectaires évangéliques, animé par des chrétiens évangéliques a publié un article intitulé « Créationnisme et dérives sectaires ».

« L’antique concile de Nicée de 325 après Jésus-Christ avait ainsi arrêté la confession de foi des chrétiens : « Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ». Cette foi en un Dieu créateur est inscrite dès les premiers mots de la Bible : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. » (Genèse 1 :1). Cette foi des chrétiens, et déjà des juifs bien avant eux, n’a jamais posé de problème au sein des sociétés dans lesquelles ils ont vécu mais qu’en est-il aujourd’hui ?…

La Bible invite les croyants à croire que Dieu est le créateur plus qu’à le démontrer par des moyens scientifiques. Nous pouvons lire dans le Nouveau Testament : « C’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été créé par Dieu. » (Epître aux Hébreux 11 :3) Ce n’est pas par une démonstration scientifique que le chrétien est « créationniste » mais c’est par la foi. Le « créationnisme » est une croyance et a toujours été une croyance. L’étude du monde par les scientifiques peut les amener à se poser des questions sur l’origine de la création. L’ONDSE, composé de membres d’Eglises évangéliques, représentant plusieurs dénominations, réclame son attachement à la Bible qui enseigne aussi à ce sujet : « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » (Epître aux Romains 1 :20) La création, dans sa beauté, sa grandeur, sa complexité, est à elle seule un merveilleux moyen d’interpeller les hommes, non seulement sur le « comment » de l’univers mais aussi sur son « pourquoi ».

Nous ne pensons pas que le créationnisme en tant que « donnée de la foi évangélique » puisse être un comportement sectaire ou qu’il puisse favoriser un comportement sectaire. La résolution du Conseil de l’Europe doit néanmoins nous appeler à la vigilance et à la prudence. La laïcité est en France un espace de respect et de liberté, espace que tous doivent protéger et respecter. L’école laïque doit veiller à ne pas se laisser infiltrer par des enseignements non scientifiques, quelles que soient leurs provenances. L’introduction, cette année 2011, de la « théorie des genres » dans les manuels scolaires de l’éducation nationale a suscité de vives réactions du monde protestant évangélique mais aussi de la classe politique française, Jean-Marc Nesme, député de l’UMP, a même saisi la Miviludes soupçonnant une dérive sectaire. Si les évangéliques veulent que des enseignements du type de la « théorie des genres » n’entrent pas dans l’école laïque ils se doivent aussi de garder leurs propres croyances dans la sphère privée, en accepter la nature « religieuse » sans l’imposer comme une science certaine et absolue. L’extrémisme n’est pas un lieu d’échange, ni de dialogue, ni de respect, ni de liberté et il doit être combattu partout et quelles que soient les formes sous lesquelles il se manifeste. »(Ma mise en gras)

Cet article équilibré prend bien soin de définir sa compréhension du mot « créationniste »: la foi dans le Dieu Créateur et pas une démonstration scientifique de la création.

Je crains que l’article ne souligne pas assez toute l’ambiguïté du vocable « créationniste ». Dans la compréhension courante, ce mot évoque les mouvements d’origine nord américaine qui rejettent l’évolution en tant que théorie scientifique pour la remplacer par une autre théorie scientifique issue d’une lecture littérale de la Genèse.

Ainsi l’affirmation: « Nous ne pensons pas que le créationnisme en tant que « donnée de la foi évangélique » puisse être un comportement sectaire ou qu’il puisse favoriser un comportement sectaire. » perd un peu de son impact, parce que chacun la comprendra comme il entend!

Ainsi, sur le site blogdei, qui défend assez souvent des positions créationnistes du type « créationnisme de la jeune terre », il est fait mention de cet article avec un contresens évident :

« L’Observatoire national des dérives sectaires évangéliques soutient les positions Créationnistes face au Conseil de l’Europe »

Cette compréhension du sens général de l’article est visiblement erronée, car celui-ci n’est en aucun cas un « soutien des positions créationnistes » (au sens « scientifique » du terme) « face au Conseil de l’Europe », mais tout le contraire.

« Si les évangéliques veulent que des enseignements du type de la « théorie des genres » n’entrent pas dans l’école laïque ils se doivent aussi de garder leurs propres croyances dans la sphère privée, en accepter la nature « religieuse » sans l’imposer comme une science certaine et absolue. L’extrémisme n’est pas un lieu d’échange, ni de dialogue, ni de respect, ni de liberté et il doit être combattu partout et quelles que soient les formes sous lesquelles il se manifeste. »

Le traitement paradoxal du rapport science et foi par le site « hominidés.com » (1)

Le site hominidés.com est particulièrement attrayant et scientifiquement bien informé. Les plus grands spécialistes de la préhistoire sont cités. Vous y trouverez une quantité incroyable d’informations concernant les origines  de l’homme, d’un point de vue biologique, culturel…et l’actualité scientifique débordante dans ce domaine.

 

Je me suis particulièrement intéressé au traitement réservé à la foi et à la science par ce site assez « officiel », et se voulant « neutre » et même ouvert d’un point de vue « religieux ».

La volonté de dialogue est affichée puisque vous y trouverez les réflexions du prêtre Robert Divoux, dans une rubrique intitulée « évolution des espèces et foi en Dieu »

 

 » Hominides.com ouvre ses colonnes au père Robert Divoux pour faire la passerelle entre Science et Religion »

Extrait choisi :

 

« Jésus, « passerelle » entre l’humanité et le divin

L’homme apparu sur terre avait refusé d’entrer en communion avec la pensée de Dieu, ce que raconte – de façon symbolique et imagée, car nous sommes dans le domaine du mythe – le récit biblique de la chute d’Adam et Eve au Paradis (la fameuse histoire de ‘‘la pomme’’ !). L’homme s’était écarté de la bonne route pour suivre ses propres idées, ses propres désirs, tourné vers lui-même, dans l’oubli des autres hommes et même souvent contre eux. Le Mal était entré dans le monde.

Pour recréer cette œuvre de Dieu abîmée et ouvrir un nouveau chemin, Jésus a pris la tête de l’humanité nouvelle, et ce afin que nous puissions rejoindre librement le Père et partager sa vie dès ici-bas et pour toujours. Mais Jésus se trouve être ‘‘premier de cordée’’, avec tous les risques et toutes les conséquences que cela comporte. Pour lui, cela se traduira par bien des oppositions, des épreuves, des rejets et même des trahisons au cours de sa vie publique. Puis, cela finira par une condamnation à mort et son exécution sur une croix. »

Il existe aussi une rubrique intitulée « les idées fausses sur la théorie de l’évolution », qui dénonce tous les contresens scientifiques fréquents chez de nombreux créationnistes anti-évolutionnistes, par exemple :

 

La théorie de l’évolution est à l’origine du racisme

La théorie de l’évolution n’est qu’une hypothèse

 

« Remettons les choses à leur place !!!  Vous trouverez ici un florilège des idées fausses sur l’évolution des espèces, sur Darwin en particulier, et sur les évolutionnistes en général :  – une sélection des phrases toutes faites que l’on répète ou qu’on entend fréquemment autour de soi – les amalgames présentés par des sites de pseudosciences qui pullulent sur le net… – les mensonges proclamés par des organisations ultrareligieuses (catholiques, islamiques ou autres…) – les créationnistes dénonçant un complot scientifique contre la religion (vous savez, comme les OVNI cachés par le gouvernement américain…)

 Avant de commencer…  Des préalables pour calmer le débat… 

Les croyants ne sont pas tous créationnistes… Croire en un Dieu est tout à fait compatible avec l’étude des sciences. On peut avoir des croyances et aussi comprendre le monde qui nous entoure. Le créationniste a une lecture littérale des textes religieux, alors que le croyant sait qu’il faut interpréter les textes.

Les évolutionnistes ne sont pas tous athées… Cela n’a rien à voir. L’étude de la nature, de la faune, de l’astronomie et des mécanismes qui les régissent n’empêche pas de croire en un Dieu pour, par exemple, donner un sens à sa vie. 

Croire et comprendre, ou Croire ou comprendre… telle est la question ! »

Ainsi soit-il  !!

La plupart des réponses proposées sont neutres du point de vue des prises de positions métaphysiques ou philosophiques extra-scientifiques.

 

Mais certaines réponses laissent clairement entrevoir les préjugés anti-foi de leur auteur :

 

Les évolutionnistes disent que « l’homme descend du singe ». »C’est absolument faux, l’homme ne descend pas du singe. C’est un singe lui-même !  On attribue, à tort, cette phrase à Charles Darwin et aux scientifiques.  Ce que l’on sait c’est que les hommes et le chimpanzé ont un ancêtre commun, un singe hominoïde. Depuis ce DAC (Dernier Ancêtre Commun) les espèces se sont séparées il y a 8 à 9 millions d’années. Les lignées divergentes ont ensuite évolué chacune de leur côté. Les gorilles ou les chimpanzés sont donc des cousins éloignés de l’homme mais en aucun cas des frères ou des pères ! « 

 

Affirmer que l’homme a un ancêtre biologique commun avec le reste du monde vivant ne résonne pas tout à fait comme l’affirmation « c’est un singe lui-même », qui ressemble à la réduction « et rien qu’un singe et certainement pas une créature faite à l’image de Dieu ». C’est ce que conforte d’ailleurs la suite de la réponse

 

 » On peut également se poser la question de savoir pourquoi la parenté avec le singe est une insulte… Sans doute parce qu’elle rappelle que l’homme est un animal parmi d’autres… ni supérieur, ni inférieur. Cette mise au point gêne les extrémistes qui positionnent l’homme au-dessus des autres espèces comme un aboutissement.  » (Ma mise en gras)

 

 

Que d’amalgames réducteurs dans ces lignes ! En quoi l’origine biologique de l’homme aurait un quelconque rapport avec la question de la valeur de l’homme ! L’auteur de cet article fait exactement ce qu’il reproche aux créationnistes qu’il dénonce, il confond discours scientifique et discours à propos des valeurs. Et tant qu’il y est, qu’il aille jusqu’au bout de son raisonnement, au nom de quoi un homme aurait-il plus de valeur qu’un vers de terre, animal lui aussi, fruit  d’un processus évolutif ? Ou qu’une souris ? L’homme est un mammifère comme un autre après tout !

Celui pour qui l’homme est l’aboutissement d’un processus évolutif planifié par le créateur est automatiquement taxé d’ »extrémiste », cela fait des millions d’extrémistes en France !!  L’extrémisme est-il vraiment là où il est dénoncé ?

Cela me rappelle d’ailleurs la dénonciation faite du créationnisme par Guillaume Lecointre, du Museum d’Histoire naturelle

« La confusion entre les questions de faits et les questions morales : une stratégie de choix pour les créationnismes

…Il fut une époque où la science était le serviteur de la théologie, et donc de la philosophie. A ce titre, la science mélangeait les discours sur les faits et les discours de valeur. Depuis la révolution scientifique des XVII et XVIIIème siècles, la science n’a pourtant plus vocation de servir ou de justifier à dessein un discours de valeurs. Son nouveau contrat passé avec la connaissance se cantonne à mettre en lumière des faits expérimentalement reproductibles. Cela n’empêche en rien les valeurs d’être régies dans les domaines moral, civique, éthique, politique, voire théologique ou religieux. « 

Quelques lignes plus loin vous avez un démenti à cette affirmation dans la réponse à la fausse affirmation :

 La théorie de l’évolution est contre la religion (les religions) 

 

Après la réponse précedente, ça va être dur de convaincre les lecteurs, mais est-ce vraiment le but recherché ?

 

Encore une réponse gratinée…

 

« Pour les évolutionnistes l’homme est apparu sur Terre uniquement par hasard. Oui c’est vrai et ce n’est pas très grave puisque nous sommes là… Peut-être que si l’on avait donné le choix aux autres animaux nous n’aurions pas été sélectionnés. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’homme n’est pas une bonne chose pour la Terre : explosions atomiques, guerre, destruction de la faune, de la flore, modification du climat… Par ailleurs cette notion de hasard, qui gêne tant les ultrareligieux, est pourtant à la base de nos croyances.  Personne n’est responsable de son lieu de naissance, et pourtant c’est lui qui détermine votre religion, le hasard ! Si vous naissez à Clermond-Ferrand vous avez toutes les chances d’être catholique, par contre à Bagdad vous serez musulman et à Haïfa juif… ça c’est vraiment du hasard… »

 

Là où nous sommes d’accord, c’est que les hommes ont certainement failli dans leur mission !!

Mais l’utilisation du caractère « aléatoire » de l’évolution qui s’accommode très bien de la notion chrétienne de Providence est ici « mutée » en moteur créateur et métaphysique de l’évolution !!

L’adoption de telle religion par l’un ou l’autre suivant son contexte de naissance est certainement une question passionnante…mais n’a rien à faire ici car elle relève clairement de la philosophie ou de la foi !!

 

Vous avez dit « calmer le débat, remettre les choses à leur place ? »

 

A suivre !

 

« Neandertal: un chasseur-pêcheur complet »

« La pratique de la chasse de petits gibiers et de la pêche par l’homme de Neandertal remonte à au moins 250 000 ans, révèlent de nouvelles fouilles. »

Lire l’article complet

Source:  science et avenir

Des neutrinos plus rapides que la lumières? Les chercheurs se donnent du temps!

« Le 23 septembre dernier, la ‘bombe’ était révélée à la communauté scientifique et au grand public : des particules voyageraient plus vite que la lumière –limite théoriquement infranchissable d’après la théorie de la relativité restreinte d’Albert Einstein. Des neutrinospartis du Cern seraient arrivés au laboratoire du Gran Sasso, en Italie, 60 nanosecondes trop tôt… (voir les réactions) Soumis à l’examen de tous les scientifiques, via le site de partage arXiv, ces résultats vont faire l’objet de vérifications supplémentaires avant d’être soumis à une revue scientifique, annonce le site de Science. »

Un article de Célice Dumas de Science et avenir

Lire l’article complet

Discussion à propos su « Labyrinthe des origines » d’Alfred Kuen, partie 10

J’aimerais inaugurer une nouvelle façon de concevoir la discussion sur ce blog.

Mon but ne sera pas de prendre parti pour ou contre un livre, mais d’exposer la vision de l’auteur dans de courts résumés. Ce qui sera exposé ne correspondra donc pas forcément à ce que je pense. Cela ne correspond pas forcément d’ailleurs à ce qu’Alfred Kuen pense puisqu’à son habitude, il fait une synthèse d’opinions différentes.

J’entrecouperai ces résumés de questions ouvertes dont le but sera de nous faire réfléchir et  réagir.

Le premier livre choisi est donc le « Labyrinthe des origines » d’Alfred Kuen, aux éditions Emmaüs.

Source: Le regretté Philippe Gold Aubert a réalisé un excellent résumé de cet ouvrage sur son site. Je m’en servirai de point de départ pour notre première discussion.

http://www.science-foi.org/livres/kuen/print.htm

« Chapitre 6 : L’âge de la Terre (suite)

 

Des objections morales s’y opposent aussi : J.-M. Nicole dit : « A mon sens, une des grandes objections à cette théorie d’une Terre jeune, c’est le fait que certaines étoiles se trouvent à des milliards d’années-lumière…Si Dieu a créé un monde avec l’apparence d’un âge si considérable, il faudrait conclure qu’Il aurait semé partout de faux indices pour égarer les chercheurs ! Alexander constate lui, que beaucoup de leurs arguments et de leurs conclusions sont « abrupts, mal étayés et forcés, et…qu’un chrétien honnête, humble et rigoureux ne peut y souscrire ».

Des objections bibliques existent aussi à cette vison. Dans le texte biblique, il n’est jamais dit qu’une malédiction a touché tout le cosmos, ni que le monde animal a subi une transformation profonde de structure. Seul Satan, en serpent, a été maudit. Après le Déluge, on constate que la géographie n’a pas changé : le Tigre et l’Euphrate sont toujours là! Et Noé a utilisé du bitume – le même que le nôtre – pour bien isoler son arche… »

Pourquoi certains croyants affirment-ils que le déluge a été universel? Pourquoi ce déluge n’a pas pu être universel?

« Diverses objections scientifiques sont soutenables aussi dans ce différend. Les mesures astronomiques naturellement, dont nous avons déjà parlé ; l’expansion de l’Univers, qui nous permet de préciser la date du Big Bang assez exactement ; la structure des étoiles qui passent toutes par une série de phases identiques. On sait ainsi que notre galaxie compte des étoiles qui ont entre 5 et 10 milliards d’années, et que notre Terre a environ 4,5 milliards d’années. Enfin, les météorites et l’âge de la lune ont aussi le même âge. Il y a des preuves géochimiques, radiométriques (comme la désintégration des corps radioactifs; si la méthode au 14C est bien connue, parce que la plus ancienne, elle ne vaut que pour une période de 30 000 ans. Mais la désintégration de nombreux autres radioéléments permet des recoupements de plus en plus exacts dans toutes les couches géologiques.

Des preuves tirées du champ magnétique terrestre peuvent aussi être évoquées, et surtout celles fournies par les couches fossilifères. On n’a jamais trouvé de fossiles humains dans les couches carbonifères qui se sont donc formées bien avant l’histoire humaine. La plupart des fossiles représentent des espèces disparues depuis longtemps, et elles ne peuvent avoir été détruites soudainement dans une catastrophe unique. Au cours des temps géologiques du reste, on a pu constater d’autres extinctions massives de divers organismes vivants. Concernant les couches carbonifères, la fossilisation se poursuit actuellement, sans discontinuer. H. Gras présente, par exemple, dans les Cévennes, une coupe à travers 5 km de sédiments mettant en évidence 90 couches différentes de charbon. Il y a donc eu là 90 forêts successives qui se sont développées, sont mortes avec leur bois, leurs feuilles, leurs détritus, parfois en accumulation considérable. Quel temps il a fallu pour faire tout ça! »

La terre est-elle jeune?

 

Les méthodes de datation par la radioactivité sont-elles fiables?

« Ceci nous démontre aussi que la mort physique a toujours existé dans notre Création, et avant l’arrivée de l’Homme. On pourrait encore citer des preuves tirées du volcanisme et des dépôts glaciaires, qui se sont étendus durant des milliers d’années dans certaines régions sur des épaisseurs considérables, et qui se sont retirés ensuite très lentement sur quelques 25 millions d’années, à l’ère tertiaire. Les mammouths trouvés gelés en Alaska et en Sibérie, il y a 39 000 ans, n’ont pas été recouverts par un déluge dans ces toundras nordiques. Et dans l’Antarctique, le laboratoire de glaciologie de Grenoble a foré la glace dans un site à 3250 m. d’altitude avant d’atteindre le rocher. Les forages ont permis d’analyser l’accumulation réalisée en ce lieu durant 740 000 ans. On peut lire le climat périodique (très variable), sur les cercles des carottes comme sur les arbres! »

Que faire du langage biblique à propos de la mort? 

L’auteur analyse de même, en détails, les affirmations néo-créationnistes au sujet des sédiments. Ils sont lents et parfois abondants, étant dus à des tempêtes, des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des inondations… Mais ces cimetières fossiles ne sont pas dus à une catastrophe unique. Et pour former des dépôts lacustres de centaines de mètres d’épaisseur, il faut bien des millions d’années.

Cependant selon les anti-scientistes, dit H. Blocher, il est possible que toutes les couches géologiques soient le résultat du Déluge : du désordre d’un cataclysme peut renaître l’ordre actuel que l’on peut constater… Mais W. Ault dit que ces théories ont été forgées par des gens qui ignorent les principes élémentaires de la géologie, et qu’aucun géologue de renom ne peut y adhérer. Ajoutons que les géologues tiennent parfaitement compte des facteurs exceptionnels survenus dans l’histoire de la terre, des variations de l’activité volcanique, des ères de glaciations, des chutes de météorites, etc., etc. Il s’agit donc maintenant, une fois les faits scientifiques bien établis, d’interpréter à notre tour la révélation biblique d’une manière compatible avec la vérité scientifique, écrit C. Evans, car il n’y a pas deux vérités contradictoires : celle de la Bible, et celle de la nature, telle qu’elle nous apparaît.

Après quelques considérations sur l’aspect gênant de cette théorie qui conçoit que Dieu pourrait tromper à ce point tous les chercheurs, l’auteur conclut en citant quelques remarques sur les dangers de ces théories pour notre jeunesse. En effet, les lycéens ou les étudiants chrétiens, voient leur foi démolie si on leur a enseigné des thèses erronées, sous un prétexte religieux. Le dogmatisme et les efforts persistants des créationnistes risquent de miner la foi chrétienne. Mais naturellement, prenons garde aussi de ne pas nous accrocher pareillement à une théorie scientifique, et de l’utiliser comme un moyen d’apologétique. »

 

Les preuves génétiques de l’évolution et l’image de Dieu

Cet article est un lien vers un article passionnant de Graeme Finlay, une traduction du Faraday Institute for Science and Religion.

 

« À propos de l’auteur :

Depuis 1980, Graeme Finlay est impliqué dans la recherche contre le cancer au sein du Cancer Society Research Centre de Auckland, en Nouvelle Zélande, le plus grand laboratoire de son genre dans l’hémisphère sud. Depuis 2000, il est également le principal maître de conférences en pathologie scientifique à l’université d’Auckland. Dr Finlay est auteur et conférencier sur le thème de la science et de la foi.

Le génome humain et l’image de Dieu Extraits de l’introduction

Le Dieu de la Bible est aussi le Dieu du génome. Dieu peut tout aussi bien être adoré dans une cathédrale que dans un laboratoire. Sa création est majestueuse, impressionnante, complexe et magnifique – et elle ne peut être en guerre contre elle-même.

Francis Collins, Directeur du Projet  de lecture du Génome Humain

 

Résumé :

L’ADN dont nous avons hérité représente l’édition actuelle d’un texte qui nous a été transmis à travers d’innombrables générations d’ancêtres. Des marqueurs uniques dans notre ADN montrent que nos ancêtres partageaient un héritage commun non seulement avec d’autres personnes, mais également (de plus en plus loin dans le temps) avec d’autres grands singes, primates et mammifères. Notre ADN relate un récit décrivant nos origines biologiques au cours de l’évolution des mammifères, mais cela ne suffit pas à expliquer nos origines en tant que personnes. Nous nous construisons en tant que personnes uniquement par ce que nous entendons et assimilons des histoires transmises au sein de nos familles et de nos communautés. Les chrétiens pensent que le récit indispensable au développement d’une humanité accomplie est celui qui raconte l’action rédemptrice de Dieu en Jésus-Christ. »

Première après-midi d’étude « Genèse 1-11, la science et l’histoire »

Un grand merci à tous les participants à cette première session d’étude. Merci pour vos encouragements et les retours positifs.

Plusieurs m’ont dit qu’ils désiraient en savoir plus, et il faudra être patient, parce que certains sujets difficiles ne seront abordés qu’une fois que les fondations seront bien posées.

J’ai cité un livre que j’apprécie et recommande, parce que son auteur insiste sur le fait que nous devrions accorder la priorité au contenu spirituel du message biblique de la création, plutôt qu’à toute autre forme de considération.

Voici la couverture de « Vivre dans un monde créé » de Lydia Jaeger.

La science et la Bible réconciliées par John Walton

John Walton est professeur d’A.T. au Wheaton College dans l’Illinois, auteur et éditeur de nombreux commentaires l’A.T. Tout au long de ses recherches, Walton a porté son attention sur la comparaison de la culture et de la littérature biblique et de celle du Proche Orient ancien. Il a publié des dizaines de livres, des articles et des traductions, dont son dernier ouvrage : The Lost World of Genesis One (Le monde perdu de Genèse 1). Il est en accord avec l’interprétation littéraire de la Genèse défendue par un grand nombre de spécialistes comme Henri Blocher en France (La révélation des origines) mais il va plus loin. Dans son ouvrage qui suscite un débat, Walton défend une interprétation originale. Walton pense que le verbe bara (créer) dont nous avons déjà parlé sur ce blog ne décrit pas l’origine matériel des éléments du cosmos, mais l’attribution par Dieu d’une fonction ou d’un rôle à jouer à chacun de ces éléments. La structure en 7 jours décrit selon lui les étapes avant l’inauguration de l’univers par Dieu en tant que temple cosmique le 7ème jour.

http://biologos.org/blog/reconciling-science-with-scripture/

 

La science et l’Ecriture réconciliée

Pour beaucoup d’entre nous qui prenons la Bible au sérieux, notre approche de la relation entre la Bible et la science est conditionnée par notre foi dans la véracité de la Bible. Si la science empirique est perçue comme fournissant une explication qui dévaluerait ou nierait la vérité de la Bible, un dilemme se crée alors et il nous faudrait choisir entre les deux.

Avant de faire de tels choix, ceux qui prennent la Bible au sérieux devraient se poser cette question : « Quelles sont les vérités de l’Ecriture que je devrais me tenir prêt à défendre ? » Je voudrais avancer que nous ne devrions pas nous sentir obligé de défendre la « science » contenue dans la Bible, parce que la vérité biblique n’y est pas contenue. Ceci ne devrait pas être une pensée inconfortable. Au cours des siècles pendant lesquels la Bible a été écrite, des générations de lecteurs ont soutenu des points de vue scientifiques très divers. Si chaque génération avait l’impression que la Bible devait être réconciliée avec la science de son temps, cela aurait un certain coût- lorsque la science progresserait, la science de la Bible ne serait plus valide. Plutôt que de penser que la science de la Bible devrait être infiniment flexible pour pouvoir être réconciliée avec tous les points de vue de chaque génération, il est préférable de comprendre que la Bible n’offre pas de science. Au lieu de cela, la vérité communiquée est indépendante de la science du monde ancien dans lequel la parole de Dieu a été communiquée.

Dans le monde ancien, les gens croyaient que la terre était plate, que le soleil tournait autour de la terre, que la pluie tombait d’une masse d’eau retenue par quelque chose de solide ; que les gens pensaient avec leurs entrailles ; que les étoiles se trouvaient dans la même zone que la lune, le soleil, les oiseaux et les nuages. Dieu n’a pas cherché à leur donner une information différente ; il ne leur a pas révélé la « vraie » science. En conséquence, la science de la Bible n’est pas ce que nous devrions chercher à défendre lorsque nous cherchons à comprendre la vérité qu’elle enseigne.

J’ai proposé que nous pouvons véritablement avancer dans une analyse renouvelée de ce que le texte biblique  de Genèse 1 communique effectivement. Ceux qui parmi nous prennent la Bible au sérieux croient que la Bible a été donnée par Dieu pour chacun d’entre nous. Pourtant, dans le même temps, il est évident qu’elle n’a pas été donnée directement à nous. Elle n’a pas été écrite dans notre langue, ni communiquée dans notre culture et dans notre état d’esprit.

Notre compréhension de Genèse 1 changera radicalement si nous comprenons deux détails importants à propos du monde ancien. La première est que les gens étaient beaucoup plus intéressés par des problèmes comme l’ordre, la fonctionnalité, le rôle de chaque chose plutôt que par l’aspect physique du monde matériel. Ainsi, leur pensée même à propos de la création est bien davantage orientée vers les fonctions que les origines matérielles du monde physique. La création a bien plus affaire avec la préparation, l’identité et l’affectation d’un rôle plutôt que dans les structures physiques et leurs composants. Dans mes écrits, j’ai essayé de mettre ceci en évidence à partir des textes bibliques et des connaissances du monde ancien et j’ai essayé de démontrer que pour l’auteur et les premiers auditeurs de la Genèse, le chapitre 1 est le récit des origines fonctionnelles, et non pas matérielles. « La création » impliquait l’affectation de fonctions et d’ordre plutôt qu’une fabrication matérielle du monde physique.

Le second détail concerne le 7ème jour. Ce dont nous ne sommes pas conscients, c’est que dans la Bible et dans le monde ancien, Dieu demeure dans un temple. En fait, on construit des temples pour que Dieu puisse y habiter. Ainsi, lorsqu’il nous est reporté qu’au 7ème jour Dieu s’est reposé, cela contient sans l’ombre d’un doute l’idée que le cosmos est présenté comme un temple. Il était très courant à cette époque d’associer étroitement le temple et le cosmos, car le temple était considéré comme un micro cosmos. Le chiffre 7 était souvent utilisé en rapport avec les inaugurations de temples, ainsi la structure en 7 jours de Genèse 1 confirme probablement l’identification de ce chapitre en tant que texte traitant d’un temple cosmique. Cela en fait le jour le plus important de la semaine de création, parce que si Dieu ne vient pas y régner, ce temple ne remplit pas sa fonction.

Si nous avons raison d’identifier Genèse 1 comme le compte rendu de la création permettant d’inaugurer le temple cosmique et ses différentes fonctionnalités, alors grâce à cette interprétation, nous pourrons exprimer les vérités véhiculées par l’auteur biblique. Si nous cherchons à prendre la Bible au sérieux, nous n’aurons ainsi plus à chercher à défendre la vision « biblique » de l’âge de la terre. L’âge de la terre est une question d’ordre matériel qui n’est pas le but d’un compte rendu à propos des fonctions de chaque élément. Si Genèse 1 n’est probablement pas un récit des origines matérielles, la Bible ne propose aucun récit des origines matérielles. Si tel est le cas, alors la science empirique ne peut pas proposer de vision des origines matérielles que nous devrions rejeter pour défendre la Bible. La Bible insiste simplement sur le fait que Dieu est le créateur et que quelque que soit la méthode, il est à l’origine de cette création. Lorsque nous lisons de la science dans ce texte ou que nous construisons de la science à partir du texte, nous suivons nos agendas modernes, plutôt que de défendre et d’expliquer la vérité du texte biblique.

Bien que Genèse 1 ne soit probablement pas un récit des origines physiques, Dieu est toujours considéré comme celui qui est responsable de cette origine matérielle, qu’il utilise des procédés que les scientifiques peuvent étudier et qui se sont étalés sur de longues périodes, ou qu’il utilise des actes instantanés que nous ne pourrions jamais expliquer par la méthode scientifique. Dieu est le seul créateur, et il agit avec intentionnalité. Ce sont les vérités que nous défendons et que Genèse 1 affirme.

 

Notes du traducteur (Benoît Hébert)

Je ne suis pas pleinement convaincu par la lecture de John Walton de Genèse 1. En particulier avec le fait qu’il ne s’agirait pas du tout d’une description matérielle de la création, mais uniquement d’une attribution de certaines fonctions aux éléments du cosmos. J’ai cependant choisi de traduire cet article pour les raisons suivantes. John Walton est un exemple frappant de théologien de l’A.T. parmi les plus reconnus dans le monde évangélique traditionnel (et donc non catalogué de « libéral »), qui renonce au concordisme scientifique en matière d’interprétation de la Genèse. Walton n’a pas de mal à reconnaître que l’A.T. a été écrit dans une perspective ancienne du cosmos (le firmament solide…) et de la géographie  (terre plate…) et il accepte le principe d’ « accomodation » ou de condescendance du Saint Esprit dans le processus d’inspiration. L’importance de l’attribution des différentes fonctions aux éléments du cosmos a peut-être été sous estimée dans les autres interprétations, de là à rendre cet aspect exclusif dans l’interprétation du verbe bara et de Genèse1… Je vous recommande néanmoins la lecture de The Lost World of Genesis One, faites vous votre propre opinion !

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Article déjà publié le 10/03/2010